L'action de Veolia Water au Maroc reconnue par le WBCSD

Le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD)

Les branchements sociaux (BS) au Maroc
Le raccordement au réseau public est un enjeu essentiel pour permettre aux plus démunis de bénéficier d'une eau de qualité et de services d'assainissement.Le principal obstacle est le coût du branchement : un tarif de l'eau socialement acceptable n'a de sens que s'il s'accompagne d'une aide au branchement afin que les plus pauvres ne soient pas des exclus du raccordement.

Veolia Water gère, depuis 2002, par l'intermédiaire des ses filiales La Redal et Amendis, les services d'eau, d'assainissement et d'électricité de Rabat-Salé, Tanger et Tétouan.

La réalisation de branchements sociaux fait partie de ses obligations contractuelles : en eau et en assainissement pour Amendis (Tanger et Tetouan) ; pour l'eau, l'assainissement et l'électricité pour La Redal (Rabat/Salé).

Cela correspond aujourd'hui à une priorité nationale qui est la normalisation et la viabilisation des quartiers "informels" (illégaux et périphériques, en tous cas défavorisés et insalubres... ceux des nouvelles banlieues, nées il y a peu au nord du Maroc, avec l'exode rural).

Le principe consiste à proposer à des personnes qui, à priori, n'ont pas les moyens de payer le prix d'un branchement eau et assainissement (électricité aussi sur Rabat) en une seule fois, ni même sur 12 mois, et, qui répondent à certains critères sociaux (budget familial de moins de 3500 Dhs par mois, habitat ou quartier jugé "social" suivant le jugement d'une commission Public-privé ad-hoc, autorisation communale d'habiter là), de payer le coût de leur raccordement par mensualités sur plusieurs années.

En général, sauf demande particulière d'un particulier, on propose ce type d'opérations pour des quartiers entiers non encore desservis. Si le quartier est périphérique, on appelle cela une "extension" (on a besoin d'étendre le réseau), si le quartier touche la ville et les réseaux publics, on appelle cela une "densification" (en général le branchement est moins cher car n'y est pas inclus par le prorata du coût de l'extension du réseau, comme c'est le cas dans une opération d'extension).

Pour ce faire, et réussir, nous devons être innovants dans différents domaines :

1-Une communication de proximité adaptée, basée sur des partenariats astucieux et solides

Avant toute chose, il faut travailler avec la société civile.
Afin de réussir à entrer correctement en contact avec les habitants de ces quartiers "informels", des gens méfiants, des "rats des champs dans les villes", qui ne croient souvent plus en l'Etat et les services publics, il faut choisir la bonne association de quartier, ou le bon leader de quartier, qui nous conseillera sur le mode d'approche, sur les contraintes, qui réunira les habitants, leur expliquera, avec ou sans nous, le projet que nous leur proposons, qui deviendra en quelque sorte notre "porte parole", si nous avons sa confiance.

Les ONG avec qui nous travaillons sur d'autres thèmes tels que la Lutte contre l'Abandon Scolaire à Tanger (UNICEF), les associations de protections de l'environnement, peuvent aussi être utiles pour faire passer les messages sur l'opération elle-même, puis pour augmenter l'intérêt de ces actions en menant avec nous des actions de sensibilisation à l'environnement, à l'hygiène et à l'utilisation des services publics nouvellement mis à leur disposition. Mais les ONG les plus importantes pour la réussite des opérations de branchements sociaux, sont celles des habitants eux-mêmes, les Associations de Quartier, pour qui l'accès à ces services est quelque chose de bien réel et non de virtuel. On ne défend rien de mieux que son propre milieu. Or, nous avons besoin des meilleurs défenseurs de ces quartiers pour trouver la plus juste formule à proposer, la plus adaptée.

Naturellement, le choix des quartiers où lancer des opérations de BS, et le repérage de ces associations, doit aussi se faire en partenariat avec l' autorité publique (le préfet : le wali), et les élus.

Le personnel Amendis et Redal en charge d'animer ces opérations devra avoir la fibre "sociale", et devra être formé à ce type particulier de communication dans les quartiers informels (il y a à déjouer des malentendus, à savoir supporter méfiance et défiance, voir les quolibets, à être clair et net, franc...ne pas se désarçonner trop facilement etc... être normal en fait).

Un point très fort d'Amendis et de Redal : les "agences mobiles", qui vont dans les quartiers tout au long de chaque opération de BS (bus ou camions recyclés et aménagés qui vont dans les quartiers éloignés des centres-villes pour assurer les différentes opérations administratives de service, par exemple : abonnement, encaissement des factures, information etc.. mais aussi pour servir de base opérationnelle pour les opérations groupées de branchements sociaux. Nous allons au devant des habitants. On en compte 8 aujourd'hui sur VE-Maroc)

2-Techniquement

Il faut tenter certaines expériences pour essayer de réduire un peu les coûts de branchements quand ceux-ci sont trop élevés, sans en dégrader la qualité. Ainsi, il est question de tester bientôt à Tétouan la réalisation de certains travaux de terrassement par les habitants.

Mais, soyons clairs, même si ce "travail en commun" permet de gagner en confiance, il n'est pas facile à mettre en oeuvre, et n'est certainement pas toujours très efficient en matière de réduction des coûts.

Techniquement toujours, il faut-être rapide. Ainsi, dès que le dossier administratif d'un demandeur de branchement social est rempli, et que la 1ère mensualité est versée, il faut se hâter de réaliser les travaux de raccordement au réseau public (qui devra avoir été posé avant de proposer les branchements sociaux aux habitants).

Dans le cas contraire, les habitants, notamment ceux qui n'ont pas encore souscrit et nous observent, ne souscriront pas...trop habitués à des promesses de services non rendus.

Il faut être exemplaire, et s'expliquer clairement s'il y a un problème.

Kiosque mobile

3-Financièrement : être ingénieux et rigoureux

Rigoureux ?

L'étalement des paiements sur 5 à 7ans d'un montant de 10.000 Dhs, soit 1000 euros, pour l'eau et l'assainissement par exemple, nécessite de savoir prendre des risques (en matière de non recouvrement possible), mais mesurés... la rigueur est de mise. Le développement de logiciels adaptés à ces mensualités (dans des services qui n'étaient parfois pas informatisés hier), la relance personnalisée en cas de 1ère défaillance etc.. sont à prendre au sérieux. La présence régulière du bus dans chaque quartier permet d'assurer une certaine proximité entre nous et les habitants, et de "légèrement" leur rappeler leur dus.

Ingénieux ?

Les coûts de branchements eau+assainissement sont entre 6000 Dhs et 30.000 Dhs (soit entre 600 et 3000 euros... en fait, cela peut aller plus loin si le réseau public est très éloigné).

Comme, d'une part, en général, les gens qui n'ont pas d'eau n'ont pas non plus l'assainissement, et que d'autre part, la loi marocaine nous impose de ne pas donner l'eau à des gens qui n'ont pas l'assainissement, et enfin que le coût du branchement assainissement est très cher par rapport à celui de l'eau, il est souvent très difficile pour beaucoup de gens situés dans des quartiers "d'extension", même avec étalement des paiements sur 7 ans, de pouvoir payer leurs mensualités.

Il faut donc aller rechercher des montages financiers adaptés pour aider les ménages dans cette situation : subventions des communes et des autorités (cas de Rabat), recherches d'aides financières (en cours auprès de bailleurs de fonds, notamment aides à taux zéro ..., on étudie les possibilités de microcrédit etc...).

La politique de branchements sociaux mise en oeuvre au Maroc par Veolia Water est un exemple concret de la contribution d'un opérateur professionnel à la réduction des inégalités d'accès à des services essentiels.