Rendez-vous

Eduquer les générations futures à préserver l'environnement

Agir pour la planète: le défi est lancé. Si les adultes ont encore du mal à passer du constat à l'action, ce sont, demain, nos enfants qui prendront dans l'urgence le relais.
Y seront-ils prêts ? Comment les y préparer ? Comment leur enseigner l'environnement ?

Les jeans poussent-ils sur les arbres ? C'est par ce type de questions au premier abord saugrenues que la commission allemande pour l'Unesco veut sensibiliser les jeunes générations au développement durable. Grâce à «l'Agenda 21- Boxen», une boîte pédagogique distribuée dans trois cents établissements, les enfants de la maternelle au collège abordent les thèmes de l'alimentation, de l'habillement et du textile, de la mobilité ainsi que de la construction et de l'habitat.

Un peu partout dans le monde, de telles initiatives commencent à voir le jour. Nos comportements individuels doivent changer : ce changement passera par l'éducation.

L'homme au cœur des enjeux

Rencontre avec Franck de Filippis, professeur des sciences de la vie et de la terre (SVT) au lycée Pierre-d'Ailly de Compiègne (Oise).

En France, l'éducation à l'environnement pour un développement durable a été rendue obligatoire à l'école en 2004. Qu'est-ce que cela a changé ?
Franck de Filippis : En sciences de la vie et de la terre, l'environnement était déjà au programme depuis plusieurs années, comme en histoire et géographie ou en économie. Mais cette circulaire de 2004 nous a donné l'opportunité d'en parler un peu plus en classe. Jusqu'ici, j'étais l'un des rares professeurs du lycée à monter des projets liés à l'environnement. Maintenant, j'ai plus de poids et de légitimité pour motiver mes collègues et le lycée dans son ensemble à travailler avec moi sur le sujet.

Et les élèves, comment voient-ils le développement durable?
F. d. F. : Les élèves, grâce notamment aux médias qui en parlent beaucoup, se sentent de plus en plus concernés. J'ai monté avec ceux de seconde un projet sur la biodiversité. Le sujet les a passionnés. Je les ai emmenés à la conférence internationale de l'Unesco sur la biodiversité. Lors d'une visioconférence organisée par l'Institut de recherche pour le développement, ils ont échangé leurs points de vue et questions avec des élèves du Sénégal et du Cameroun. Je pense que ce sont des moments qu'ils n'oublieront pas.

De l'industriel à l'enfant

Rencontre avec Bernard Combes, chargé de l'information pour l'éducation au développement durable à l'Unesco.

L'ONU a lancé en 2005 la décennie internationale de l'éducation en vue du développement durable. Cette mission a été confiée à l'Unesco. Quel est son rôle ?
Bernard Combes : Le rôle de l'Unesco est de faciliter les échanges d'informations et d'expériences en accompagnant les pays dans leur démarche d'éducation au développement durable. L'éducation est prise au sens large : elle ne concerne pas uniquement les écoles ; tous les secteurs de la société sont ciblés et doivent être sensibilisés, des industriels jusqu'aux enfants.

Avec qui travaillez-vous ?
B. C. : Nous travaillons quotidiennement avec les ministères concernés par ces sujets, nous sollicitons également des partenaires dans le monde de l'entreprise, le but étant de créer des synergies et des partenariats à long terme. Nous en avons une parfaite illustration avec Veolia Environnement et l'opération «Croquis autour du monde » qui a fait participer 33000 enfants dans vingt-trois pays. De telles opérations nous aident parfois à convaincre certains ministères de nous épauler dans des opérations de plus grande envergure. Nous travaillons aussi avec les médias afin que le développement durable ne soit pas un sujet traité uniquement lorsque surviennent des catastrophes.

Chaque pays a ses propres problématiques liées à sa culture, à son économie ou à sa position géographique. Comment gérez-vous ces différences ?
B. C. : Pour que les gens comprennent mieux la décennie, il faut qu'elle ait un sens pour eux. En Europe par exemple, l'éducation est plus axée sur l'apprentissage à la citoyenneté. Dans certains pays d'Afrique, l'éducation touchera plus à l'environnement et aux problèmes de l'eau alors qu'en Amérique latine, c'est la justice sociale qui préoccupe davantage la population.

Concrètement, comment répondez-vous à ces demandes ?
B. C. : Nous aidons chaque pays en fonction de ses besoins. Certains manquent de méthodologie. Au Mali, par exemple, le gouvernement souhaite former 26000 agents responsables dans chaque village des questions de développement durable. Il faudra donc les aider à mettre en place des formations. D'autres pays ont besoin de matériel pédagogique. Pour cela, nous avons créé un CD-Rom de formation avec cent cinquante heures de cours à destination des professeurs. Trois cents éducateurs à travers le monde ont dialogué ensemble pendant deux ans pour parvenir à ce résultat.

Et dans dix ans, que se passera-t-il ?
B. C . : Dans dix ans, le travail sera loin d'être terminé mais nous espérons que cela aura apporté au grand public une meilleure compréhension de la notion de durabilité. Si tous ces efforts donnent l'envie aux citoyens de ne plus subir mais d'agir, eh bien, cette décennie n'aura pas été juste une décennie de plus.

De Veolia à l'enfant

L'entreprise est source d'apprentissages multiples pour les enfants. Quelques exemples :

Three Valleys Water, un cas d'école

Depuis 1998, l'une des principales sociétés de distribution d'eau potable du Royaume-Uni, Three Valleys Water, filiale de Veolia Eau, a ouvert un centre éducatif à Watford, au nord de Londres. Une référence dans le domaine de l'éducation au développement durable.

Le centre de Three Valleys Water a remporté quatre fois le prestigieux « Green Apple Award » qui récompense les meilleures initiatives en matière d'environnement dans le monde entier.

Chaque année, plus de 20000 enfants viennent apprendre en s'amusant. La clé du succès : une équipe pédagogique innovante, parfaitement qualifiée et passionnée par le sujet. « Nous savons faire passer les messages sans discours technique rébarbatif. Et, surtout, nous connaissons parfaitement les programmes scolaires et adaptons ainsi le discours à chaque niveau. »

Si l'éducation des jeunes est une priorité, Ted Casey reçoit également dans son centre des enseignants ou des futurs enseignants venus se former aux diverses problématiques liées à l'environnement.

Arc-en-Ciel, visite guidée

Dans la région nantaise (Loire-Atlantique), Arc-en-Ciel, première filiale globale de valorisation des déchets de Veolia Propreté, a, dès sa création, voulu associer à sa fonction industrielle une vocation pédagogique. Depuis 1994, le site a ouvert ses portes à 135 000 visiteurs. Pour les élèves du primaire, la visite est principalement axée sur le jeu et l'échange. Pour les collèges, les lycées, les associations, les instituts étrangers mais aussi les centres de formation pour adultes, la visite, accompagnée par les élèves de l'École des mines de Nantes, est plus technique.

Santé environnementale, ça s'apprend!

La santé environnementale est un déterminant essentiel du développement durable. Les chiffres sont éloquents : de meilleures pratiques d'hygiène réduisent à elles seules de 33% (1) les diarrhées infantiles et de 30% les risques d'infection respiratoire. Il est donc important que l'accès aux services essentiels soit accompagné de pratiques d'hygiène saines et respectueuses de l'environnement. Comme on explique aux populations la bonne utilisation des infrastructures et des services, il est également essentiel d'éduquer aux bons réflexes en matière d'hygiène personnelle et de protection du cadre de vie : se laver les mains, ne pas stocker l'eau dans des récipients sales, utiliser des poubelles...

(1) « Impact d'une meilleure distribution et assainissement de l'eau sur l'ascaridiase, la diarrhée, la dracunculose, l'ankylostome, la schistosomiase et le trachoma » Esrey SA, Potash JB, Roberts L, et al. Bulletin de L'Organisation Mondiale de la Santé,1991.

Veolia Transport, la Semaine européenne de la mobilité

« Pour demain, pour tous, des transports publics propres ! »

Dans le cadre de la Semaine européenne de la mobilité qui a eu lieu en septembre 2006, Veolia Transport a demandé aux enfants de 9 à 14 ans d'inventer un scénario original abordant les thèmes de l'environnement, de la citoyenneté et de l'avenir de tous dans un monde plus propre. Un livret de vingt-quatre pages ludique et éducatif, à destination des élèves mais aussi des professeurs et des parents, a été distribué dans les écoles. Ce livret sera décliné à l'international en 2007.

Environnement, une classe en pleine nature

En Allemagne, dans la région de Chemnitz (Saxe), un parcours de découverte a été entièrement aménagé par des personnes sans emploi. Ce chemin a pour but de faire découvrir la nature aux enfants tout en répondant à des objectifs sociaux, écologiques et pédagogiques. Le sentier sera entretenu par les élèves eux-mêmes. Le projet est soutenu par la Fondation Veolia Environnement.

Ginestous-Garonne expliquée aux enfants

« Savez-vous combien de kilomètres de canalisations existent sous Toulouse (Haute-Garonne) pour ramener les eaux usées jusqu'à Ginestous ? » Les bras se lèvent, les réponses fusent : 500, 600, 800 km ? Presque. 950 km.

Installés dans de larges fauteuils rouges, les élèves de cinquième du collège toulousain Emilie de Rodat sont venus visiter l'usine de dépollution des eaux usées de Ginestous-Garonne.
« Cela nous permet, sur un thème choisi, de faire travailler les enfants dans plusieurs disciplines et de manière plus créative. Nous aborderons le sujet de l'eau en sciences de la vie et de la terre et en physique. Après cette visite, ils devront réaliser une maquette de l'usine de traitement et ils feront ensuite des exposés sur le thème de l'eau mais, cette fois-ci, au niveau de la planète », explique Bernard Deltour, professeur de sciences de la vie et de la terre.

Pour 2007, des « Masques autour du monde»

« Faire partie de la solution et non du problème », voilà le pari que Veolia Environnement propose aux enfants du monde. La démarche s'inscrit dans la décennie des Nations unies pour l'éducation en vue du développement durable.

La troisième campagne internationale de sensibilisation aux notions de progrès et de développement durable, « Croquis autour du monde », a mobilisé 33 000 élèves de 9 à 11 ans dans vingt-trois pays. Dans la lignée de ce succès, une quatrième campagne de sensibilisation est en préparation: « Masques autour du monde ».
Elle aura pour thème l'homme et la nature dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui. Les enfants devront «faire parler la Terre» à travers un personnage masqué de leur invention. Les œuvres lauréates seront présentées au musée du quai Branly, à Paris.