Performance économique et sociétale

Mesurer notre empreinte économique

La stratégie de développement du Groupe s'appuie sur la création de valeur dans la durée, qui a permis pour l'année 2006 une forte progression de l'activité et l'amélioration de la profitabilité. Ces performances résultent de la capacité du Groupe à créer de la valeur dans le long terme en générant des économies et des synergies, à renouveler ses contrats et à développer son activité, principalement vers l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord.

La capacité du Groupe à générer des économies et des synergies s'est traduite par l'économie nette de 104 millions d'euros dans le cadre du programme Veolia 2005. Au total, le plan d'efficacité a ainsi généré 406 millions d'euros d'économies récurrentes, complétées par des programmes de renforcement de l'organisation du Groupe. Veolia Environnement a ainsi procédé à des acquisitions ciblées génératrices de synergies de croissance et de coûts, en particulier celle de Cleanaway dans l'activité Propreté au Royaume- Uni et de plusieurs sociétés dans le domaine du Transport aux États- Unis.

En 2006, Veolia Environnement a poursuivi sa croissance avec un chiffre d'affaires global consolidé de 28 620 millions d'euros, en hausse de 11,9%, tous les secteurs d'activité ayant connu une croissance à deux chiffres. Dans le domaine municipal, le Groupe a gagné de nouveaux contrats, notamment en République tchèque, en Slovaquie, au Moyen-Orient et en Asie dans l'activité Eau, au Royaume-Uni et en Asie dans l'activité Propreté, en Italie et en France dans les activités des services à l'Énergie et aux États-Unis dans le Transport.

Résultant de la croissance de l'activité mais également de l'amélioration continue de la productivité et de la maturation du portefeuille de contrats constitué ces dernières années, la profitabilité du Groupe s'est améliorée, avec une augmentation de 16,7 % du résultat opérationnel récurrent à change courant, soit 2,1 milliards d'euros.
La capacité d'autofinancement est également en forte hausse, s'établissant à 3,8 milliards d'euros, soit une progression de +8,9 % (pour la capacité d'autofinancement avant impôts et frais financiers des activités poursuivies).
Le cash-flow libre avant nouveaux grands projets ressort ainsi à 901 millions d'euros pour l'année 2006, contre 555 millions pour l'année 2005.
Sous l'effet conjugué des bonnes performances opérationnelles et de lamaîtrise du coût de financement, le résultat net part du Groupe par action a augmenté de 21,4 %.

Cette croissance rentable s'inscrit dans la durée avec des choix d'avenir en termes de formation et de recherche et développement. Ainsi, le Groupe a décidé d'accélérer en 2006 ses programmes de formation en décidant la création de campus régionaux en France. Dans le domaine de la recherche, le Groupe a notamment renforcé ses projets dans l'optimisation et la gestion de la ressource.

Le développement durable : un impact direct positif ou négatif sur la crédibilité de la démarche commerciale du Groupe

Dans le domaine municipal comme industriel, la délégation de services repose sur l'attente explicite ou implicite du client d'obtenir une gestion plus performante que celle qu'il est en mesure d'assurer lui-même, sur le triple plan économique (performance), environnemental (expertise) et social (gestion apaisée de la transformation sociale). En outre, dans la cité comme dans l'entreprise, l'intervention d'un prestataire partenaire de long terme suppose une acceptation de son rôle et de la façon dont il l'exerce par la communauté de ses usagers.

Le jugement porté sur la crédibilité de notre performance développement durable par le monde extérieur (agences de notations et gestionnaires d'indices éthiques, ONG, presse et relais d'opinion, opinions publiques) est ainsi susceptible d'affecter de façon directe et croissante notre crédibilité commerciale, soit négativement, si notre client trouvait dans un jugement critique de notre performance une contradiction avec l'excellence que nous revendiquons, soit positivement, en validant un niveau d'expertise, de responsabilité et de savoir-faire discriminant par rapport à la concurrence.

Les logiques du développement durable sont ainsi intrinsèquement inscrites dans le processus de conviction que le Groupe déploie dans son développement commercial. Cela facilite grandement la compréhension et l'intégration de leurs exigences au niveau le plus opérationnel du Groupe.

Un levier de création de valeur pour le long terme pour nos activités

Le développement durable se traduit très concrètement dans le quotidien de notre entreprise à travers les aspirations des populations à davantage de qualité environnementale et à une meilleure prise en compte par l'entreprise des communautés dans lesquelles nos services prennent place. Ces aspirations traduites par les responsables élus prennent une importance croissante dans la gestion des territoires urbanisés.

Le développement durable s'exprime aussi à travers des règles normatives où des orientations volontaristes, définies aux plans de la communauté internationale (Protocole de Kyoto, Objectifs du Millénaire), de l'Union européenne (directives, marché européen du carbone), national et local.

Cette réalité comporte pour Veolia des contraintes mais aussi des opportunités croissantes. Elle engendre ainsi une tendance forte à l'extension du périmètre de nos prestations. Dans le domaine de l'eau, par exemple, la pression sur les ressources, liée à la démographie urbaine, à la montée des pollutions industrielles et agricoles et au réchauffement climatique, conduit Veolia Environnement à étendre sa sphère d'intervention du « petit cycle » au « grand cycle » de l'eau, en développant des prestations de protection de la ressource d'amont, de rechargement des nappes phréatiques, de nouveaux usages comme la réutilisation de l'eau usée dans le domaine industriel ou des ressources alternatives comme le dessalement de l'eau de mer. Elles ont également, dans certains cas, un impact d'approfondissement de la rentabilité des activités existantes. Le développement des énergies alternatives et la valorisation du carbone créent, ainsi, dans le secteur de la propreté et du service énergétique, de nouvelles sources de revenus (valorisation énergétique, certificats carbone) qui nous permettent de préconiser à nos clients, sur des bases économiques pertinentes, les solutions environnementales les plus exigeantes.

D'une manière très concrète, nous sommes confrontés à un enjeu majeur d'évolution de nos structures contractuelles et des bases de notre rémunération afin de faire que, progressivement, dans chacune de nos activités, nos clients puissent, sur des bases éclairées, nous rémunérer pour le service qu'ils attendent réellement de nous.
Celui-ci, de fait, ne repose plus comme par le passé sur la seule fourniture de volumes et de services de base mais, de plus en plus, sur le déploiement d'une expertise ayant un effet direct sur l'économie des ressources rares que constituent par exemple l'eau et l'énergie et sur l'élimination des impacts environnementaux et climatiques négatifs.

La répartition de nos revenus parmi nos parties prenantes en 2006

Graphique-La répartition de nos revenus parmi nos parties prenantes en 2006

1 Produit des activités ordinaires
2 Ces données ne proviennent pas de notre système de reporting financier et n'ont donc pas été vérifiées par nos auditeurs.
3 Y compris les impôts indirects pour un montant estimé à 300 M€

N.B. Les comptes au 31 décembre 2005 ont été retraités en fonction :
- de l'application de l'interprétation IFRIC12 relative au traitement des concessions
- du résultat de Veolia Transport au Danemark, comptabilisé en 2006 selon la norme IFRS et présenté au compte de résultat dans la ligne « résultat net des activités non poursuivies » afin d'assurer la comparabilité des exercices.