Expression
Le Directeur du développement durable de Veolia s'exprime sur le Grenelle de l'environnement
Le gouvernement français a décidé de réunir dans le cadre du « Grenelle de l'environnement » les différents acteurs de l'environnement (administrations, ONGs, industriels, etc) afin d'adopter des mesures concrètes pour mieux prendre en compte et protéger l'environnement, d'ici la fin octobre. Yves Cabana, Directeur du développement durable de Veolia Environnement, nous explique les enjeux de ce processus pour Veolia Environnement.
Yves Cabana, Directeur du Développement Durable Veolia Environnement
1/ En quoi Veolia Environnement est-il particulièrement concerné par le processus du Grenelle de l'environnement ? Y-a-t-il des thèmes de travail sur lesquels Veolia Environnement s'implique plus particulièrement ?
Notre contribution concerne au premier chef nos secteurs d'activité : la gestion des services à l'environnement, l'eau, la propreté, les services énergétiques, le transport collectif, dans les villes ou en milieu industriel. Ce sont des enjeux importants dans la problématique environnementale française et nous pouvons revendiquer dans ces domaines une très forte expertise industrielle. En France, Veolia a véritablement accompagné la naissance, le développement, la modernisation de ces services essentiels. Au-delà de la technique environnementale, nous connaissons leur histoire, la logique de leur organisation, l'évolution des réglementations qui les encadrent.
Il est naturel que lorsque le Gouvernement français lance une démarche de concertation et d'innovation sur les questions environnementales nous apportions notre contribution d'expert, notre expérience de ces sujets que nous connaissons bien, nos idées pour rendre la gestion de ces secteurs plus performante avec l'objectif d'économiser les ressources rares que sont, par exemple, l'eau et l'énergie et de diminuer les impacts négatifs de la vie urbaine et industrielle sur l'environnement.
2/ Comment Veolia Environnement participe-t-il à la préparation du Grenelle de l'environnement ? Quel type d'expertise l'entreprise peut-elle apporter pour trouver des réponses concrètes aux défis environnementaux abordés ?
En tant qu'entreprise nous participons activement aux groupes de travail organisés par le MEDEF et les fédérations professionnelles. Mais puisque notre métier c'est l'environnement nous allons un peu plus loin et nous tachons de trouver des propositions spécifiques tirées de notre expérience concrète en France et à l'étranger et de proposer ce qui nous parait être les meilleures solutions pour obtenir des résultats positifs et concrets : quels sont les meilleurs cadres d'organisation ? Les modèles économiques sont-ils adaptés aux résultats recherchés d'économie de ressources rares et de diminution des impacts négatifs ? La réglementation, les dispositifs fiscaux, les mécanismes d'incitation définis par la puissance publique permettent-ils, comme chacun le souhaite, d'encourager les comportements vertueux et de pénaliser ceux qui le sont moins ? Depuis une quinzaine d'années, nous avons exporté et adapté notre expérience française dans plusieurs dizaines de pays où les mêmes questions se posent mais avec des situations écologiques, économiques, sociales, climatiques très différentes. Cela nous donne une richesse d'expérience, une capacité de proposition et d'innovation, enracinées dans le concret. En outre, nous sommes soumis à une logique d'entreprise, c'est-à-dire que nous agissons dans le cadre des contraintes économiques et dans le même temps puisque c'est notre métier, l'un de nos principaux arguments de développement, à un impératif d'excellence environnementale. Cela nous place naturellement dans la logique du développement durable qui consiste à concilier et non à opposer la croissance, le développement et la préservation de l'environnement. Tout cela nous donne les moyens de faire entendre une petite musique différente et originale.
3/ Le gouvernement attend des entreprises des engagements concrets suite au Grenelle : quelles mesures envisagez-vous d'adopter et de mettre en œuvre dans ce cadre ?
C'est d'abord une occasion de nous pencher avec davantage d'attention sur nos impacts propres d'entreprise. Nous gérons pour le compte de nos clients des volumes considérables de déchets, d'eau, d'énergie, de transports et nous assumons pour leur compte la responsabilité d'en maitriser l'impact environnemental. C'est notre métier. Mais en tant qu'entreprise, nous avons, comme une banque, comme un industriel classique, des impacts spécifiques. Certains sont directs : nous produisons des déchets, consommons de l'eau et de l'énergie, faisons circuler des flottes de véhicules d'entreprise. D'autres indirects : nous occupons des bâtiments tertiaires, nous achetons des quantités considérables de produits et de matériels et nos pratiques dans ces domaines doivent intégrer de plus en plus le développement durable. D'un point de vue quantitatif, ces impacts sont minimes par rapport à ceux que nous gérons pour nos clients mais nous en avons une responsabilité entière et nous devons les connaitre mieux et déployer des politiques pour les diminuer. L'idée c'est de nous assurer que tout ce capital d'expertise, de bonnes pratiques environnementales que nous proposons à nos clients, dans chacune de nos activités, nous n'oublions pas de nous l'appliquer à nous-mêmes en mettant pour se faire au service du Groupe les savoir-faire environnementaux de chacune de nos branches.
le site du "Grenelle de l'Environnement"