Bonne pratique

Mécénat de compétences : Sterience (Veolia Energie-Dalkia) aux côtés d'un hôpital en Afghanistan

Sterience participe à l'ouverture d'un centre de traitement de grands brûlés en Afghanistan en y apportant une unité de stérilisation et de blanchisserie.

Source: Planète Veolia n°19

photo du centre de traitement des grands brûlés

centre de traitement des grands brûlés

Une collaboration entre HumaniTerra, Sterience & la Fondation Veolia Environnement

Depuis 2002, date de sa première année en Afghanistan, Marie-José Brunel(1), membre de l'ONG HumaniTerra, voit l'hôpital évoluer. « Il y a cinq ans, il y avait des gravats dans l'unité de chirurgie », témoigne-telle.

Mais 2007 marque un grand changement. HumaniTerra construit à Hérat un centre de traitement des grands brûlés. Pour être complètement opérationnel et autonome, il sera doté, au début 2008, d'une unité de stérilisation et de blanchisserie. La Fondation Veolia apporte son soutien à ce projet, avec la remise d'un chèque de 194 000 g.

Celui-ci fait l'unanimité au sein du conseil d'administration.

« D'abord du fait de la cause défendue, ces jeunes femmes qui s'immolent, une cause que, naturellement, on ne peut que soutenir, explique le délégué général de la Fondation Michel Avenas. Ensuite, en raison du sérieux et des références de l'association HumaniTerra. Enfin, par l'implication d'une des filiales du groupe, cela nous permet d'apporter, en plus d'un soutien financier, des compétences. »

L'intervention de Veolia dans ce projet s'est faite par l'intermédiaire d'Olivier Barbaroux, Président directeur général de Dalkia. Lorsque Christian Échinard, le président d'HumaniTerra, lui fait part de la construction d'un centre de traitement des grands brûlés à Hérat, le directeur général de Dalkia l'informe en retour de l'existence de Sterience. Filiale de Dalkia, cette société est numéroun français de la prestation de stérilisation. Elle assure notamment le lavage et la désinfection des instruments chirurgicaux.

photo de la salle d'opération

la salle d'opération

Le désespoir des jeunes filles afghanes

En Afghanistan, des jeunes filles n'hésitent pas à s'immoler par le feu, par désespoir, pour échapper à leur condition, que ce soit à la suite d'un mariage forcé, parce qu'un mari les brutalise ou qu'une belle-famille les persécute. Ce constat est particulièrement vérifié dans la région d'Hérat, proche de la frontière iranienne.

En 2003, sur 750 grands brûlés accueillis à l'hôpital de cette ville, deux tiers étaient des femmes. Parmi elles, 350 s'étaient immolées. Marie-José Brunel les connaît bien. Cette infirmière répartit son temps entre l'hôpital d'Aix-en-Provence et celui d'Hérat. Là-bas, sous l'égide de l'ONG HumaniTerra, elle soulage les blessures - physiques et psychologiques - de ces femmes désespérées. « Elles agissent pour se venger de ce qu'elles endurent, raconte Marie-José Brunel. Par leur geste, elles dénoncent les atrocités dont elles ont été victimes et font porter la honte sur leurs bourreaux en se suicidant. » L'islam évoque en effet le suicide par le feu comme un crime et, à ce titre, le condamne.

entrée du centre

entrée du centre

Un engagement pour soigner efficacement.

Après la prise de contact avec HumaniTerra, le directeur général de l'entreprise, Jean-Claude Chastant, implique plusieurs collaborateurs sur le projet : « J'ai sélectionné le centre de Sterience à Bouc-Bel Air, situé entre Marseille et Aix-en-Provence, pour sa proximité géographique avec l'ONG, raconte-t-il. Nous avons travaillé sur plan pour adapter l'unité au centre de grands brûlés. Il nous a fallu chercher des équipements fiables, robustes et efficaces. Nous avons fini par trouver une entreprise espagnole habituée à travailler dans des zones à risques. »

Par ailleurs, Sterience a assuré un travail de formation en accueillant des équipes afghanes qui, plus tard, seront chargées de la stérilisation. « Nous irons sur place dans le courant du mois de mars 2008, lorsque le matériel sera définitivement installé pour contribuer à la mise en route de l'unité », poursuit Jean-Claude Chastant.

750 brûlés pourront alors être soignés chaque année dans ce nouveau centre de traitement. Marie-José Brunel et l'ensemble du personnel soignant auront à leur disposition un matériel techniquement fiable. Des conditions qui permettront de consacrer davantage de temps à soulager ces maux moins visibles que sont les douleurs morales

L'aide au développement durable vue par Sterience

Jean-Claude Chastant, directeur général de Sterience, parrain du projet :

« Pour Sterience, c'est une première. Le devoir du parrain est de veiller à la pérennité du projet. Ce n'est pas qu'une opération ponctuelle! Je suis là aussi pour mobiliser les énergies, fédérer si possible d'autres acteurs, en clair, faire tache d'huile. L'amélioration de la qualité sanitaire à laquelle nous contribuons par notre travail quotidien apporte du sens et motive nos équipes.

Aider ces populations en détresse, c'est en plus extrêmement gratifiant, un sentiment d'ailleurs partagé par l'ensemble de nos collaborateurs. Nous ne sommes pas dans le domaine de la santé par hasard. Il y a une dose d'empathie, de sympathie pour les autres.

Aujourd'hui, les enjeux liés au développement durable sont au premier plan, c'est-à-dire la préservation et l'amélioration du cadre de vie ainsi que la prise en compte des composantes sociétales de nos métiers. Notre engagement dans ce projet est une traduction concrète de l'aide au développement durable en santé vue par Stérience. »

HumaniTerra est une organisation non gouvernementale installée à Marseille. Née au milieu des années 90, elle intervient dans le domaine de la chirurgie dans des pays émergents comme le Bangladesh, le Cambodge, le Pakistan ou l'Afghanistan. Son action s'articule à la fois autour des soins, de la formation des médecins locaux, et du développement des équipements de santé.

Plus de renseignements sur http://www.humani-terra.org

(1) Marie-José Brunel raconte son expérience afghane dans un livre écrit avec la journaliste Dorothée Olliéric, «S'immoler à 20 ans», paru chez Grasset. Le produit des ventes de cet ouvrage est reversé à l'ONG HumaniTerra.