Interdépendance de Veolia Environnement à la biodiversité
L'association Orée et la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité ont publié un guide pour faciliter la prise en compte de la biodiversité au sein des entreprises. A l'occasion de la publication de ce guide "Intégrer la biodiversité dans les stratégies d'entreprises", Veolia présente ses interactions avec la biodiversité.
Critères en lien direct avec le monde vivant
Dépendance aux matières premières issues du monde vivant
La dépendance aux matières premières biologiques de chacune des quatre divisions de Veolia Environnement varie considérablement. Veolia Eau utilise de grandes quantités de biomasse bactérienne pour le traitement des eaux usées au même titre que Veolia Propreté pour le stockage ou le compostage des déchets.
Cette dépendance est moindre pour Dalkia, elle existe pour ses 97 installations qui valorisent énergétiquement la biomasse. Enfin, elle est inexistante pour Veolia Transport.
Toutefois, quelle que soit l'activité, la dépendance aux énergies fossiles est très importante, en premier lieu chez Veolia Energie - Dalkia pour la production de chaleur.
Dépendance aux services et technologies du monde vivant
La gestion écologique d'un espace délégué

Le cas exemplaire de Crépieux - Charmy (France)
Alimentant en eau potable la quasi-totalité de l'agglomération, la pérennité du champ captant de Crépieux - Charmy est un enjeu primordial pour l'ensemble des lyonnais.
La dépendance aux services écologiques concerne l'utilisation de la biomasse (approvisionnement) et la dépollution des eaux (service d'autoépuration de l'eau ; l'utilisation des microorganismes s'apparente à une forme de biotechnologie).
Si le traitement des eaux et des déchets s'intègrent dans les cycles biogéochimiques, les nombreuses incertitudes et l'absence d'outils standardisés posent des problèmes pour formaliser les liens entre l'évolution des activités du groupe et celle des services écosystémiques.
La dépollution des sols et la réhabilitation des sites dégradés constituent un volet d'action fort du Groupe en faveur des services écologiques.
Le biomimétisme, même s'il n'est pas toujours perçu en tant que tel par les collaborateurs, peut s'illustrer sous de multiples facettes :
la valorisation agronomique par épandage de composts consiste à s'inspirer du cycle de recyclage de la matière organique et peut concerner les boues produites par les stations d'épuration, les déchets verts ou encore la fraction fermentes cible des ordures ménagères résiduelles.
Les filières de compostage de Veolia Propreté permettent de s'affranchir d'une quantité considérable de matière organique destinée à être enfouie dans les centres de stockage et de favoriser un retour de la matière organique au sol (enrichissement), laquelle sera à même de réintégrer les cycles biogéochimiques. La valorisation matière permet quand à elle de réutiliser nombre de matériaux recyclables. C'est une alternative à l'enfouissement ou à l'incinération.
Enfin, les filières de valorisation énergétique transforment certains sous-produits, tels les huiles usagées ou les combustibles solides de récupération, en énergie calorifique utilisable in situ.
La gestion de la variabilité, santé et complexité des écosystèmes
Les variations météorologiques peuvent influencer la demande en eau et en énergie. D'autre part, des modifications des paramètres bio-physico-chimiques des écosystèmes sont occasionnellement à l'origine de surcoûts, comme la gestion des blooms algaux dans le cas de Veolia Eau. La qualité des milieux aquatiques est surveillée de près par cette filière pour qui une bonne connaissance des écosystèmes dans lesquels elle travaille est essentielle afin de proposer des mesures de traitement appropriées. Plus les milieux sont dégradés, plus les métiers de Veolia deviennent indispensables. Les activités de traitement doivent concilier quantité et qualité, par la maîtrise de flux très importants et celle des impacts résiduels sur les milieux.
Nombre de processus écologiques complexes interviennent dans les sols et les eaux : ce sont de véritables opportunités pour la R&D en faveur deprocédés et outils qui valorisent les écosystèmes.
Critères liés aux marchés actuels
Le chiffre d'affaires du Groupe n'est pas lié directement à la biodiversité, mais les activités de traitement des eaux usées et des déchets concernent en partie le traitement de matières organiques. Hormis la biomasse valorisée énergétiquement au coût relativement faible et les énergies fossiles au coût en forte augmentation ces dernières années, le travail des bactéries dans le traitement des eaux usées et déchets est "gratuit". En outre, nombre d'organismes co-évoluent avec les activités de Veolia Eau et Veolia Propreté, en particulier l'avifaune profitant des stations d'épuration.
A l'heure actuelle, la biodiversité en tant que telle ne correspond pas à un atout marketing. En revanche, l'évolution des attentes des clients (marchés publics et industriels), vers une plus grande place pour la biodiversité en ville et dans la gestion des masses d'eau, pourrait changer la donne.
Critères liés aux impacts sur la biodiversité
La plupart des emprises foncières s'apparentent à des actifs de long terme, comme les usines, ou les centres de stockage, avec des modifications parfois considérables du paysage, c'est pourquoi le souci de l'intégration des structures au milieu environnant est présent dans la culture de l'entreprise. En réduisant les charges polluantes pesant sur les milieux et en réhabilitant des espaces contaminés, Veolia Environnement contribue positivement à la santé des écosystêmes et à la qualité de vie des consommateurs. En revanche, certaines des activités nécessitent la maîtrise d'impacts secondaires sur les écosystêmes, telles lescharges polluantes résiduelles et les émissions de gaz à effet de serre par le transport. L'évaluation des impacts sur la répartition des espaces et le morcellement des habitats font aujourd'hui l'objet de toutes les attentions avec la mise en place d'un systême d'information géographique localisant les principales installations par rapport aux zones d'intérêt écologique.
Critères liés à la compensation des impacts
La compensation réglementaire ou volontaire, variable selon la législation en vigueur au sein de chaque pays, ne concerne que les installations avec de fortes emprises foncières situées en zones rurales ou faiblement urbanisées (centres de stockage de déchets par exemple). Les expériences sont récentes et pour le moment pas centralisées.
A travers sa fondation, Veolia finance de nombreux projets environnementaux en France et à l'international.
Un nouveau programme vient d'être lancé en faveur du développement durable de la baie d'Haiphong au Vietnam : il s'agit de préserver la biodiversité de l'estuaire du Fleuve Rouge et de permettre la poursuite du développement de la pêche, de l'aquaculture et du tourisme.
Critères liés aux stratégies de l'organisation
L'utilisation du vivant est indispensable aux activités de traitement de Veolia Eau et de Veolia Propreté et la prise en compte des impacts de ses installations et de ses activités sur la biodiversité est un défi que le Groupe relève depuis 2004. Son image en dépend en partie, notamment face à la pression des parties prenantes cherchant à répondre à l'érosion croissante de la diversité du vivant à l'échelle de la planète. Le groupe travaille avec divers partenaires universitaires et institutionnels pour améliorer ses connaissances et pratiques, au travers de programmes de recherche sur les interactions entre ses activités et le fonctionnement des écosystèmes. La biodiversité n'est pas uniquement perçue comme un risque. Si sa prise en compte génère des surcoûts à court terme, les investissements réalisés pourraient conduire à une compétitivité accrue sur le moyen à long terme dans le cadre de marchés qui évoluent.
Cela renvoie aussi à de nouveaux services, à l'image de l'acquisition d'Organica en 2007, une entreprise qui traite les effluents par voie végétale. En interne, la direction de la performance environnementale s'efforce de recueillir les bonnes pratiques à partir de questionnaires envoyés aux opérationnels. Une thèse de doctorat est menée en étroite collaboration avec le groupe de travail Orée : elle porte sur les outils économiques à mobiliser pour intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises. Cela contribue à faire de la biodiversité un enjeu à part entière pour le développement d'une culture d'entreprise fondée sur le développement durable.

